La société des Jouets de Paris est créée le 25 octobre 1902 par le
rassemblement de sept fabriques spécialisées dans le jouet.
Elle appartient à une société anonyme fondée en 1932 par M. Grasset,
ferblantier à Paris.
La société installe son usine au 94 de la rue de Paris à
Montreuil–Sous–Bois.
La Société Industrielle de Ferblanterie est créée le 9 décembre 1899
par le rassemblement principalement de trois usines situées à
Solre–Le–Château (Nord), Chalon–Sur–Saône
(Saône–et–Loire) et Beaune (Côte–d'Or).
La société fabrique des articles de ferblanterie, mais aussi des
jouets en tous genres notamment des trains. Ces trains en fer blanc, qui
portent l'inscription SIF, sont aujourd'hui très recherchés.
Le 28 avril 1909, un gigantesque incendie détruit les cinq mille mètres carrés de l'usine de Montreuil. Quatre mois plus tard, le premier août, la société des Jouets de Paris cède ses brevets et ce qu'il reste de son usine à la Société Industrielle de Ferblanterie. La société préfère conserver le nom de Jouet de Paris. Les jouets vont alors prendre pendant quelque temps le nom de JP puis J de P et enfin JEP en 1929. Le nom sonne bien et signifie aussi "Jouet Educatif Parisien". Certains jouets fabriqués entre 1909 et 1914 peuvent porter les deux inscriptions: SIF et JP.
Pendant la première guerre mondiale, l'usine est réquisitionnée et le
directeur de l'époque Cyril Bonnet se voit dans l'obligation de
fabriquer des casques pour notre armée.
Dès la fin de la guerre, la fabrication des jouets va reprendre et
la société entre dans une période de plein essor.
Des trains extraordinaires à l'échelle O comme "La flèche d'Or", la
"Pacific" ou l'autorail "Triple Bleu" accompagnés d'une multitude
d'accessoires sortent des usines chaque année.
Mais les trains ne sont qu'une partie de la colossale production de
Jep. L'entreprise fabrique toutes sortes de jouets comme des voitures,
des bateaux, des canots de course, des patins à roulettes, des
accessoires de plage, des cuisinières, des avions...
Les usines de Montreuil, de Solre–Le–Château,
de Chalon–Sur–Saône, de Beaune et d'Orléans consomment
plusieurs tonnes de matières premières par jour. A elle seule, l'usine
de Montreuil s'étend maintenant sur une superficie au sol de plus de
10000 mètres carrés et emploie jusqu'à 771 personnes.
Le siège social de la Société Industrielle de Ferblanterie se
trouve 39 rue Beaumarchais dans le troisième arrondissement de Paris.
La SIF possède aussi de nombreuses salles d'échantillons en France
et en Europe (Lyon, Alger, Amsterdam, Le Caire, Zurich, Casablanca,
Bruxelles et Goteborg) qui témoignent de l'importance de l'exportation
des jouets Jep.
L'après guerre est une période difficile pour Jep. La France tourne
au ralentit et il y'a pénurie de matières premières. Le catalogue
perd plusieurs dizaines de références et ce n'est qu'en 1948 que la
société va reprendre son rythme initial.
Cette année là, Jep se lance dans le OO qui deviendra un peu plus tard
le HO.
Tout un programme est lancé avec du beau matériel roulant comme la
232 R, la 2D2 9101 ou les célèbres voitures saucissons, sans oublier la
voie, les accessoires et les bâtiments.
Le O n'est pas délaissé et le catalogue ne cesse de s'enrichir de
nouveaux modèles chaque année.
Dans les années 50, la situation de Jep se dégrade et il ne reste plus
que deux usines. Celle de Montreuil–sous–bois où sont
entre–autres fabriqués les trains et celle d'Orléans spécialisée
dans la fabrication des pistolets, cuisinières et meubles de cuisine.
L'usine de Montreuil reste la plus importante mais n'emploie plus que
500 personnes.
Le métal et les jouets de qualité coûtent chers et se vendent de plus
en plus mal.
Pour faire face à Jouef qui propose des trains en plastique de moins
bonne qualité mais bien moins chers, la société choisie vers 1955
d'intégrer le plastique dans ses jouets.
Cette mesure ne suffisant pas pour redresser la barre, la direction
décide d'augmenter ses tarifs. Entre 1956 et 1959, les jouets
du catalogue augmentent en moyenne de 30%.
En 1960, la matière plastique s'impose intégralement avec les trains
de la série 61. Jep prend enfin conscience que ses trains de luxe sont
très chers et espère en créant cette série bon marché conquérir de
nouveaux adeptes qui achèteront par la suite les beaux trains Jep.
Parallèlement, Jep intègre aussi dans son catalogue de beaux coffrets
luxueux comprenant les jolies locomotives de la marque et les belles
voitures en tôle créées par le sous–traitant
Rateau.
Malheureusement les modèles de la série 61 sont très décevants et
bien moins réalistes que ceux de Jouef, si bien que cette
initiative ne rencontre pas le succès escompté.
En 1960, Hornby s'est lancé à son tour dans l'échelle HO et porte un coup
qui va être fatal pour Jep. Débarrassée de sa concurrente VB, la jolie
060 DB de Jep subit maintenant la concurrence de celle de Hornby.
La gamme va continuer à se dégrader et la grande usine Jep qui n'a
pas supporté la révolution de la matière plastique ferme définitivement
ses portes en 1968.