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Jouef
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Créée en 1944 à Foncine le Haut dans le Jura par Georges
Huard, la firme "le jouet français" va devenir Jouef
(le jouet français)
quelques années plus tard. Par la suite, l'usine déménagera pour la
ville de Champagnole.
Les premières productions sont des jouets de bazar en plastique
et en tôle. Ils seront fabriqués jusque dans le milieu des années 60.
En 1949, la firme Jouef propose son premier train mécanique en tôle
lithographié: l'autorail "Alger - Tombouctou", a qui elle doit une partie
de sa réputation.
Ensuite, elle va fabriquer quelques voitures à bogies en tôle
lithographiée avant de se lancer dans la fabrication de trains en
plastique injecté à l'échelle HO à partir de 1954.
En 1954, Jouef reproduit la BB 9003, puis rapidement la célèbre
BB 9004 (record du monde oblige). La BB 9003 est d'ailleurs une
locomotive très rare.
Les premiers trains en plastique tiennent plus du jouet que du
véritable modèle réduit, mais la gamme va rapidement s'enrichir et
la qualité s'améliorer.
Les modèles deviennent irréprochables, le traditionnel moteur saucisson
est remplacé par le moteur racer M20.
Pour la première fois dans l'histoire du train, Jouef va déplacer
le moteur des locomotives à vapeur dans le tender.
Ce procédé va permettre de réaliser des trains à vapeur sans aucune
contrainte, assurant des modèles réalistes avec un embiellage exact.
La politique de trains à bas prix accompagnée d'une agressivité
commerciale énorme font le succès de Jouef.
Les coffrets se trouvent dans toutes les grandes surfaces, le cadeau
de Noël du jeune garçon est un train Jouef.
En 1970, l'entreprise compte 1365 salariés répartis dans dix usines
dont six dans la région de Champagnole. Car Jouef, c'est aussi
Playcraft en Angleterre, HDI en Irlande, une équipe de football...
Jouef Exporte dans toute l'Europe et vers les Etats–Unis.
Mais à partir de 1975, alors que Jouef ne possède plus de concurrence
en France (Meccano vient d'arrêter sa production de trains),
l'entreprise connaît ses premières difficultés, victime d'une mauvaise
gestion et de la concurrence des grandes marques allemandes.
En 1980, Jouef dépose son bilan et est racheté par la firme française
Joustra qui sera intégrée un peu plus tard dans le groupe CEJI.
Jouef suit l'actualité ferroviaire de près. Ainsi les premiers
TGV sont créés. En 1982, Jouef va battre un record: 25000 TGV
commercialisés en moins d'un an.
Mais en 1985, CEJI dépose aussi son bilan et Jouef sera repris par
Jean Pierre Coron, un homme d'affaires qui va s'associer avec Monsieur
Baret, le patron du groupe Treddi (Fobbi).
Certains trains seront alors marqués Jouef et Fobbi.
En 1995, après un redressement judiciaire, l'entreprise est reprise
par le groupe italien Rivarossi qui délaisse en partie le train
grand public pour repositionner Jouef sur le train de collection.
Jouef produit alors des modèles récents avec des moteurs à hautes
performances et volants d’inertie qui satisfont les modélistes
chevronnés. Le parc de matériel remorqué n'est pas non plus oublié
avec la création de beaux modèles.
Les rames à grande vitesse connaissent un grand succès commercial,
mais d'autres machines comme la Sybic subissent la concurrence
allemande. De plus, le coût énorme de la création de nouveaux
moules nécessite la vente de plusieurs milliers de machines pour
amortir un modèle. Ce pari est difficile à tenir. Le marché est
petit, un modéliste achète une locomotive à 250 €, rarement deux.
Au début de l'année 2001, Jouef accumule un niveau de perte d'un
million de francs par mois (d'après le groupe Rivarossi!), ce qui rend
inévitable l'arrêt de la production. L'initiative de Rivarossi n'a
certes pas eu le succès espéré.
Le 1er juin 2001, Paolo Brandi, PDG du groupe italien IDE Commerciali II,
(ex Rivarossi, Lima, Arnold, Jouef) déclare, par ce simple communiqué:
"Jouef, leader français du train miniature, est contraint de cesser
sa production en France" et décide de fermer l'usine de Champagnole.
Le matériel de production doit être rapatrié en Italie pour y
poursuivre la fabrication des trains Jouef.
Malgré la lutte des 58 derniers employés, l'occupation de l'usine
baptisée loft et les nombreuses manifestations de soutient envers
la dernière entreprise de modélisme ferroviaire française, la BB
36000 Astrid restera la dernière locomotive sortie des ateliers Jouef de
Champagnole.
En septembre 2001, la petite entreprise jurassienne enfouie au fond
de tous les coeurs d'enfants ferme définitivement ses portes.
La production est colossale. Jouef aujourd'hui, ce sont plusieurs
milliers de pièces produites, des centaines de coffrets différents,
des wagons créés pour des entreprises, des modèles spéciaux pour
l'exportation, des centaines de jouets de bazar...
Par exemple, la petite 020T que tous le monde connaît ne connaît
pas moins de 50 versions. Elle existe en noire, en verte, en orange,
en jaune, avec ou sans pare–buffles, avec ou sans tampons...
Jouef c'est aussi les circuits routiers qui sont un véritable
phénomène de société dans les années 60. Alain Delon fera même la
publicité pour les circuits Jouef.