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Allard - Au Pullman - JRA



Le sigle JRA

Article de Bernard Jeanneau

L'histoire de Pullman


JR Allard


J-R. Allard (JRA) a ouvert son magasin Au Pullman en 1946, au 72 rue d'Amsterdam, à la lisière du 9° arrondissement, dans le quartier de l'Europe, en face du Petit Lycée Condorcet qui lui apportait sans doute une nombreuse clientèle d'élèves, mais aussi de parents.
A la fois revendeur de marques de l'époque (VB, ANTAL, PMP, Bascou, Tourelle, JEP, Hornby, BLZ, HAG, …), il voulait résolument promouvoir le modèle réduit ferroviaire en proposant à ses clients toutes sortes de matériels à construire soi-même : voie, locos, wagons, bâtiments, transfos même. Ne lésinant pas sur son temps, il passait de longs moments avec ses jeunes clients pour les conseiller, les orienter vers des solutions simples, efficaces et peu onéreuses, à la portée de leur bourse plate, tout en poussant la vente de ses fabrications, sans jamais exclure de produits de marques, bien entendu.
Inventif, J-R. Allard créa peu à peu tout le matériel nécessaire à la construction d'un réseau complet et, lorsque le temps, ou le manque de compétence, manquait au client, il proposait même des réseaux "clé en mains" que fabriquait Serge Pélachaud, le technicien maison qui a fait toute sa carrière au Pullman.
Au moins 2 catalogues ont été édités, en 1952 et 1955 (y a-t-il eu des éditions ultérieures ?), aux rubriques classées par ordre alphabétiques, décrivant les produits et prodiguant des conseils, intitulés " Traité - Guide - Catalogue général illustré des trains HO ". L'introduction stipule clairement : "Notre but, en publiant le présent ouvrage, est de répondre au désir pressant de notre clientèle, FRANCAISE OU ETRANGERE, chaque jour plus nombreuse, de pouvoir se faire, grâce à un petit opuscule, simple et concis, une idée générale de ce qu'on peut réaliser, en TRAINS MINIATURE, soit en construisant soi-même son matériel soit en se procurant du matériel du commerce, tout construit." Un slogan accrocheur y figure également, mais seulement dans la 2° édition : "Construisez votre voie : un réseau de voies "PULLMAN" rembourse tout le reste !" (NDLR : l'auteur, ancien lycéen de Condorcet et client du Pullman, atteste que ceci est tout à fait véridique).
Au milieu des années 1960 J-R. Allard a pris sa retraite à Lancieux, dans les Côtes d'Armor où il est décédé à la fin des années 1990. Le magasin Au Pullman existe toujours à la même adresse.

Le tortillard et les locomotives


Le tortillard Pullman Deux BB 63000 La 2D2 5306


Le tortillard

Le dictionnaire donne au tortillard la définition suivante : chemin de fer des réseaux secondaires, qui suit un trajet sinueux et effectue de nombreux arrêts.
Ce terme évoque tous les réseaux d'intérêt général et chemins de fer départementaux de la première moitié du XX° siècle, qui ont sillonné la campagne française, fumants, haletants et crachants, se hissant avec peine au sommet des plus fortes côtes, abolissant les distances, réunissant les villes et villages chanceux construits aux abords de ses voies et permettant aux gens de se déplacer d'une ville à l'autre plus facilement qu'en diligence, servant de prolongement aux réseaux des grandes compagnies. Les machines étaient principalement du type 020T, avec une façade arrière lisse si caractéristique pour bien dégager la vue en marche arrière, cabine en avant, mais il en a existé beaucoup du type 030T, 120T, 130T, parfois même du système Mallet 020+020T.
Les voitures offraient un confort spartiate : tout juste couvertes, avec des banquettes en bois. Le parc marchandises comportait toutes sortes de wagons : plats, couverts, tombereaux, grillagés… Le parc roulant remorqué était généralement à 2 essieux, avec un empattement court de manière à pouvoir s'inscrire facilement dans les nombreuses courbes et contre-courbes de la voie qui s'insérait dans le paysage quant elle n'était pas construite sur le bas-côté des routes.
Afin d'éviter l'inévitable chevauchement des tampons à cause des courbes et des contre-courbes serrées, le matériel roulant était muni d'un tampon central avec attelage à chaînes. Seule la machine était munie d'un frein, frein mécanique, à vapeur ou à air comprimé. L'armement de la voie était succinct car le matériel n'était pas très lourd. Les convois étaient mixtes : wagons de marchandises et voitures de voyageurs étaient attelées ensemble. C'était l'époque où les véhicules à moteur n'avaient pas envahi nos routes… C'était l'époque où l'on avait le temps : le temps de voyager, le temps de discuter, le temps de … prendre son temps.
Les machines, généralement du type loco-tender, avaient une haute cheminée élancée, parfois couverte d'une toile métallique arrêtant les escarbilles, de laquelle sortait souvent une fumée bien noire et des jets de vapeur : tchouk, tchouk… Il est étonnant de constater que les jeunes enfants auxquels on demande quel bruit fait une locomotive, répondent tous "tchouk, tchouk" alors qu'ils n'ont jamais connu, et encore moins vu, de machines à vapeur ! Sans doute leurs parents ou grands-parents leur en ont parlé avec nostalgie…

Présentation et description du Tortillard.

Le tortillard Au Pullman


Le Tortillard, à l'écartement HO, créé par J-R. Allard et vendu dans son magasin "Au Pullman" était composé des éléments suivants:


Le tortillard Au Pullman Le tortillard Au Pullman


- Une machine mécanique Decauville de type 020T de couleur verte avec une cheminée mince et élancée, d'un empattement court de 32 mm et d'une longueur hors tout de 87mm;


Le tortillard Au Pullmann


Cette locomotive était mue par un système à ressort très robuste qui permettait bien 3 tours de circuit ! La clé était en métal plié peint en noir. Ses roues motrices avant n'étaient pas bandagées, d'où de sérieux patinages au démarrage lorsque les wagons étaient chargés ou le convoi trop long. Un trou dans le tampon permettait l'introduction du crochet d'attelage des voitures et wagons.
Elle comportait un bel embiellage avec un ingénieux système de basculement d'engrenages qui permettait l'inversion du sens de marche, actionné par un petit levier placé sur la gauche du corps cylindrique. Les roues motrices à rayons étaient en métal et les roues arrières en plastique.

- Plus tard, soit parce que J-R Allard possédait trop de caisses, soit parce que la mode du train mécanique était passée, un modèle de machine électrique 12 volts à courant continu a vu le jour, destiné à circuler sur les voies du commerce.
De manière à masquer l'orifice de l'inverseur de marche du modèle mécanique, un cylindre (du genre résistance radio) figurait un surchauffeur, un fil métallique à chaque extrémité plongeant dans la chaudière… La cheminée était munie d'un couvercle en tôle plate, non articulé. Le tampon central était scié au ras du trou d'attelage et l'assemblage de la caisse et du châssis enserrait un attelage moderne à crochet, genre Jouef.


Le tortillard Au Pullmann Le tortillard Au Pullmann


- Un autorail De Dion à 2 essieux, mécanique ou électrique;
- Des wagons tombereaux qui permettaient toutes sortes de chargements, en 3 couleurs : vert, gris clair et brun;


Le tortillard Au Pullmann


Comme les modèles réels, ces wagons étaient très simples : un cadre moulé d'une pièce, un châssis riveté au cadre d'une longueur hors tout de 77 mm avec interposition d'une "tôle" en plastique figurant le fond du tombereau, et 2 essieux métalliques avec roues à voile plein en plastique noir avec un empattement de 36 mm. Chaque extrémité était pourvue d'un attelage à crochet réalisé en fil de laiton coudé, attaché au tampon central par un rivet creux et qui permettait l'accrochage des voitures et wagons entre eux et à la loco.


Le tortillard Au Pullmann


- Des voitures de voyageurs couvertes à plate-forme;


Le tortillard Au Pullmann Le tortillard Au Pullmann


- Des coupons de rails droits de 147 mm de long ou courbes de même longueur et à rayon serré (175 mm), entièrement faits en plastique, rails et ballast, munis d'un astucieux accrochage à ergots. L'espacement entre coupon de rails était la source d'un " tac à tac " très réaliste au passage des essieux;


Le tortillard Au Pullman Le tortillard Au Pullman


- Un aiguillage en plastique symétrique mais avec verrouillage dans chaque position;
- Une plaque tournante à 6 voies;
- Un heurtoir;
Tout ce matériel de voie en plastique était moulé en France par les Ets Mondial Plastique à St Etienne et portait le logo JRA. La couleur était chocolat. Seul le heurtoir n'était pas gravé faute de surface cachée et il était de couleur plus orangée.


Le tortillard Au Pullmann Le tortillard Au Pullmann


Le coffret du Tortillard était à 2 niveaux, le matériel encastré dans les fenêtres du premier niveau. Le Tortillard était donc un système complet qui comprenait en plus, et selon le catalogue général, de nombreux accessoires de décors:

- Un abri de loco;
- Une gare de voyageurs;
- Un château d'eau;
- Une grue hydraulique;
- Des rangées de barrières pleines en ciment pour isoler le réseau d'intérêt général de celui des grandes compagnies;
- Une halte pour voyageurs debout;
- Des personnages assis;
- Des poteaux télégraphiques;
- Des éléments de haie;
- Des arbres : bouleau, pommier, peuplier, hêtre, sapin...;
- Des grumes;
- Des "cordes à bois".
- Peut être une halle à marchandises en bois massif peint en jaune, à toit rouge et avec deux quais surélevés.

Les arbres étaient fabriqués à partir d'un tronc cylindrique en bois garni de sciure de bois grossière agglomérée et peinte en vert sur un petit socle en bois à pans biseautés.

Et voici, partant de la cour de la petite gare SNCF, "Le petit Train Départemental" évocateur de tant de souvenirs.


Le tortillard Au Pullmann


Les locomotives diesels BB 63500 (1969)


Les 63000 Pullman Le sigle JRA Les 63000 Pullman


La BB 63500 Pullman est réalisée en plastique injecté avec châssis en métal. Elle existe dans les versions deux ou trois rails à courant continu.
Entre 1977 et 1979, en plus de la dernière présentée, cette locomotive fut produite dans de nombreuses versions, toutes très rares et visibles dans le site.

Les autres locomotives

La liste des locomotives présentées dans ce site n'est pas exhaustive, Pullman ayant créé d'autres modèles. On peut citer par exemple:
- Une CC 1001 ou 1012 tracteur de butte, genre crocodile
- Une 2D2 500 de l'Ouest
- Une 2D2 8546 du Sud-Ouest
- Une CC 7001 montée ou en kit
- Une automotrice PO 23071, 2 voitures, production incertaine
- Une Prairie 13-1 Ouest en bronze d'aluminium coulé, montée ou en kit

La voie et les accessoires JRA


Les accessoires Pullman Les accessoires Pullman Les accessoires Pullman


La production JRA comporte aussi, sans que cela soit exhaustif:
- Deux transformateurs, l'un délivrant un courant de 4 à 12V redressé sous 1A, l'autre un courant alternatif de 10, 20 et 27V sous 1, 2, 5, 4 ou 8A.
- Des petits moteurs résistants fonctionnant sous courant continu, l'un équipant une machine Decauville ayant parcouru plus de 1.500 Km sur un circuit en vitrine, avec juste un changement de charbons.
- Des voies avec travelage, socle, ballast et système d'agrafage. Le premier modèle de voie comportait un travelage noir en presspahn (carton comprimé) coupé "au carré". Le deuxième "Rapide Pullman" comportait des bandes de traverses en presspahn marron finement nervurées puis en plastique marron percées pour permettre l'insertion des agrafes des rails, avec un système de troisième rail à plots espacés. Enfin des bandes de traverses nervurées en plastique marron "Pullman Supermodèle" avec glissières dans lesquelles on insère le rail. Un espace était ménagé dans l’épaisseur du plastique sous un côté des traverses pour y introduire une fine bande de plots.


Les accessoires Pullman Les accessoires Pullman Les accessoires Pullman


Une mention spéciale doit être faite au premier travelage en presspahn. En plus du travelage ordinaire qui comportait un ensemble de traverses réunies par 2 bandes situées à l'aplomb des rails de roulement, J-R. Allard avait inventé un travelage spécial dont une extrémité des traverses était prolongée jusqu'à 52mm. Ces traverses allongées, non réunies, constituaient la base idéale pour la construction de toutes sortes d'appareils de voie dont on posait les autres rails sur les extensions. On arrivait ainsi à réaliser des traversées de jonction simples ou doubles, des aiguillages enroulés, des croisements de tous angles ...
Pour tous les types de travelage, la courbure était obtenue en sectionnant la bande de roulement extérieure, par éléments de 4 ou 5 traverses.


Les accessoires Pullman Les accessoires Pullman Les accessoires Pullman


- Des appareils de voie multiples à 2 ou 3 rails, comportant un travelage passe-partout permettant la réalisation d'aiguillages à gauche, à droite, symétriques, triples. Les modèles les plus évolués comportaient divers contacts qui permettaient l'allumage de feux, de lampes sur un TCO, ou des commandes à distance.
Les pochettes comportaient toutes les pièces à assembler sans soudure, y compris les électro-aimants.


Les accessoires Pullman Les accessoires Pullman


- Des heurtoirs en rails pliés et soudés.
- Des blocs systèmes.
- Des rails en acier (oxydables, très mauvais conducteurs du courant et générateur d'étincelles sous les roues des machines).
- Des rails en laiton brillant, mat ou noirci.
- Un rail latéral de prise de courant avec supports.
- Des caténaires midi (3 fils) faites à la main avec les supports correspondants.
- Des haies de végétaux, divers arbres et arbustes à construire ou des clôtures en lames de ciment.
- Des bâtiments, des gares, des haltes, des remises, un tunnel à décorer, maison de garde-barrière.
- Un bogie moteur moulé à 2 essieux moteurs.


Les accessoires Pullman Les accessoires Pullman Les accessoires Pullman Les accessoires Pullman


- Deux modèles d'attelages.
- Divers accessoires : des charbons pour les moteurs Pullman, de la colle cellulosique dans des tubes en étain-plomb, des contacteurs simples ou doubles avec renvoi au neutre (y compris du type "microbe"), un rail décrocheur, des éclisses en acier ou en laiton, des essieux à roues isolées, des fiches multiples à la fois mâle et femelle, y compris du type " microbe ", plusieurs types de frotteurs (vertical à palette, double cuiller, à moustache pour rail latéral ou à ski), des inverseurs à main de type unipolaire ou bipolaire, un pantographe de type Faiveley, des isolateurs en stéatite blanche pour pantographes, un levier d'aiguillage à contrepoids, des petits personnages à décorer, des poteaux télégraphiques à "clés de sol", des soufflets d'intercirculation en métal ou élastiques, des tampons ronds ou rectangulaires à articuler, des boutons poussoirs, des aménagements de voitures voyageurs...
- Enfin le magasin Au Pullman réalisait toutes sortes de commandes particulières sur plans, dont des réseaux-valises ou des circuits repliables que le technicien Serge construisait au milieu du magasin.



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