SMCF
L'histoire de SMCF
La petite marque au sigle copié sur celui de la SNCF et signifiant
"Super Modèles de Chemins de Fer" a été créée en 1948 par deux amis
graveurs: Robert Guérin et René Collard.
Installée au 72, rue Edouard Vaillant à Montreuil, la firme sort ses
premiers modèles en 1949.
Contrairement à d'autres marques à cette époque, la production est
très fidèle à la réalité. L'échelle est respectée et
les modèles ne sont pas raccourcis.
1949: les premiers modèles en bronze et en tôle
Au début, la petite firme va s'intéresser aux voitures voyageurs.
Ses premières productions sont en bronze, il s'agit d'une série
de voitures à essieux de type Nord et d'une série de voiture type PLM
1911 à portières latérales.
SMCF a aussi fabriqué deux voitures de banlieue en tôle type Est avec
les marquages PLM ou SNCF.
Puis la marque va abandonner le bronze et la tôle pour le zamac,
un matériau plus facile à mouler.
Les voitures en tôle et en bronze sont très recherchées car elles ont
été fabriquées en très peu d'exemplaires et pendant peu de temps.
1951: les voitures en zamac
Le catalogue SMCF de 1952
SMCF va se faire connaître à partir de 1951 grâce à une série
de voitures voyageurs de qualité: les célèbres voitures à rivets
apparents, disponibles en version SNCF et PLM.
Fin 1952, le nombre de références est impressionnant. Les voitures
à rivets, les CIWL, les voitures à portières latérales, le fourgon
grandes lignes et le wagon postal de grandes lignes sont au catalogue.
SMCF réalisera par la suite d'autres voitures en zamac, puis en
plastique à partir de 1958.
1953: les premiers wagons
A partir de 1953, SMCF va se lancer dans la fabrication de wagons
marchandises. Le premier wagon à voir le jour est le tombereau à
essieux type USA sorti en 1952. Il sera suivi en 1953 par les citernes
à essieux, le tombereau à bogies et les deux couverts standards.
La gamme s'enrichira ensuite de nombreux modèles.
1958: le plastique
Le premier wagon en plastique: le wagon Evian peint à la main
En 1958, SMCF passe à un stade semi–industrielle et crée ses wagons
en plastique. Certains moules sont transformés comme ceux des cages
à poules. Des modèles nouveaux sont créés comme les voitures
Bruhat et la quasi–totalité des wagons de marchandises.
1959: le déclin
En 1959, les première difficultés apparaissent.
Suite à un manque de structures important (l'atelier de Montreuil
ne fait pas plus de 300 m2), SMCF doit sous–traiter l'injection,
la sérigraphie des boites et des modèles. Seuls la peinture, le montage
et la décoration sont réalisés par les quelques ouvriers de
l'entreprise.
De plus, la concurrence allemande est rude avec des marques comme
Märklin, Trix, Fleischmann qui exportent de plus en plus, mais aussi
la concurrence française avec Jouef qui monte en flèche avec des prix
aux ras des pâquerettes (Hornby ACHO n'existe pas encore).
En 1960, la firme augmente ses tarifs et arrête toutes les
fabrications métalliques, mais ces initiatives ne permettent pas de
redresser la barre.
Pourtant, les dirigeants espèreront jusqu'à la fin car le catalogue
de 1960 proclame l'arrivée d'une nouveauté SMCF chaque mois.
1961: le rachat par Meccano Hornby
En 1961, SMCF est mis en liquidation judiciaire et
racheté par Meccano Hornby. Une grande partie du matériel est déplacé
dans la grande usine de Bobigny. Le reste (notamment
certains moules de voitures grandes lignes) sera dissimulé par
Robert Guérin et René Collard qui ne voyaient pas forcément d'un très
bon oeil ce rachat. Ils intégreront malgré eux l'usine Meccano mais
tous deux créeront en temps libre des wagons ex SMCF pour des clients
et amis. Des BB 30003 dont quelques caisses ont été
sauvées de la casse, seront ainsi montées et décorées vers 1964 par
Robert Guérin.
1964: la suite, RMA, France Trains et MMM–RG.
Michel Guérin devant la presse à injecter CPMR
En 1964, Meccano est racheté par le groupe Anglais Line Brothers.
Robert Guérin et René Collard en profitent pour quitter l'usine de
Bobigny, la culture industrielle leur convenant assez mal.
Robert Guérin entre alors au service de Louis Lavignes,
fondateur de RMA. Ensemble ils vont fonder
la CPMR, une société d'amateurs. Robert Guérin en devient le chef de
production et y intègre son fils qui vient d'obtenir son CAP.
René Collard intégrera quant à lui la firme
France–Trains dès sa création en 1967.
Vers 1968–1969, Robert Guérin achète une maison à Chaumes en Brie
dans laquelle il fabrique des modèles sous sa propre marque:
MMM–RG. Après son décès en 1971, MMM–RG sera repris par
son fils Michel qui va poursuivre la fabrication des modèles de trains
jusqu'en 1973, date à laquelle un événement familial va le contraindre
à arrêter la production.
René Collard rachète alors cette maison et continue la production
officieuse de voitures MMM–RG jusqu'à la fin des années 70.
Il se trouve aujourd'hui dans la région de Troyes.
Biographie de Robert Guérin
Robert Guérin devant sa planche à dessin
Fils de plombier, Robert Guérin est né à Dreux en 1920. Il y fait ses
premières études à l'école communale puis entre à l'Ecole de Mécanique
Générale d'où il ressort avec son CAP de mécanique. Il rentre ensuite dans
une usine de Dreux comme tourneur ajusteur puis s'engage dans l'armée
et rentre à l'Ecole Technique de Rochefort.
Il passe la guerre comme mécanicien dans l'aviation de chasse et passe
son temps libre à réaliser des maquettes d'avion pour son unité. A la
fin de la guerre, il est démobilisé et se dirige vers la maquette de
chemin de fer.
Il construit des maquettes à diverses échelles, principalement le O,
pour le Musée des Travaux Publics et pour le musée des Arts et
Métiers.
Robert Guérin est aussi intermittent du spectacle. Il emploie ses
samedi et dimanche en travaillant comme clown et trompettiste d'orchestre
de jazz. Il tournera même dans un film en tant que garde-champêtre.
Le marché du train prend un virage et il le sent. Il fonde la société
SMCF en 1949 avec l'un de ses amis René Collard. Ils seront parmi les
tout premiers à se lancer dans le HO. Le succès est au rendez-vous et
les maquettes sont très appréciées des amateurs. Mais la concurrence
française et étrangère arrive avec ses prix d'usine et SMCF ferme ses
portes comme d'autres en 1961.
Robert Guérin intègre la société Meccano qu'il quittera rapidement pour
entrer au service de l'artisan-détaillant parisien RMA. Avec Louis
Lavignes, ils fondent la CPMR (Compagnie Privée du Modèle Réduit) et
Robert Guérin en devient chef de fabrication.
Passionné de chevaux, Robert Guérin s'occupe aussi de son club hippique
l'Eperon d'Or (anciennement situé à la place du parc florale dans le
bois de Vincennes puis déplacé à Ozoir la Ferrière en 1967).
Vers 1968–1969, sans doute à cause d'un différent avec Louis Lavignes
(il s'agissait de deux personnages à très forte personnalité),
il achète une maison à Chaumes en Brie et fabrique des modèles sous sa
propre marque: MMM–RG.
Robert Guérin décède en 1971 et MMM–RG sera repris par son fils Michel.
Informations provenant d'IDR et de personnes l'ayant connu.
| Commentaire laissé par daniel gaymard le 24/08/2010 à 00h14 A propos des voitures omnibus sud est Dans la réalité ces voitures ont toujours été à trois essieux. Si la marque s'est orientée ultérieurement à proposer des modèles à bogies c'est très probablement pour en améliorer le roulement; en effet les trois pattes avec leur essieu central très flottant à fixation très rudimentaire sont l'objet de fréquents déraillements sur les appareils de voie en particulier. |