VB
L'histoire de VB
Etablie au 5 de lavenue de la République à Paris,
cette petite firme fût créée en 1946 par Monsieur
Vollon, diplômé de l'école Centrale, et Monsieur Brun. Le nom VB
a été formé par leurs initiales.
Elle réalisera, outre quelques très belles locomotives et
quelques voitures voyageurs, une magnifique série de wagons
marchandises dune qualité remarquable qui sont
aujourdhui très prisés par les collectionneurs
et qui séchangent à prix dor.
Au tout début, VB nétait quune toute petite
entreprise.
Les premiers wagons, fabriqués à partir de 1947, sont
entièrement réalisés à la main en un très
petit nombre dexemplaires, parfois en un seul.
En 1950 apparaissent les premiers tarifs dans lesquels les wagons sont
référencés sous le nom de série maquette.
En 1951, un catalogue présentera ces wagons.
Toujours réalisés de façon artisanale,
ils deviennent de plus en plus réalistes.
Le succès est grandissant si bien que VB exporte ses wagons en
Belgique, Suisse, Italie et même au Canada.
Dès 1950, VB propose une voie à 3 rails posée sur de la
tôle. Dans un premier temps, le ballast est représenté
par du sable collé mais il sera vite remplacé par de la
peinture, sans doute pour des raisons de coût. Rapidement,
VB proposera une gamme complète de voies, dappareils
de voie, et un système de caténaire très
réaliste qui semboîte sous la voie.
En 1955, la firme sort sa première locomotive: la BB 9001.
Elle peut ainsi vendre ses premiers coffrets. Cette machine sera suivie
par une autre locomotive elle aussi en zamac: la BB 9211.
L'année suivante sera créée la série industrielle. Les wagons sont en
zamac. Toutefois, la production des wagons maquette ne sera pas
arrêtée et ils resteront présents aux catalogues jusqu'à la fin.
En 1957, face à la montée en flèche de Jouef
qui propose des trains de moindre
qualité mais à un prix défiant toute concurrence, VB
tente de réagir en proposant la série
semi–maquette ainsi que des voitures voyageurs et une
rame banlieue en plastique.
Cette réaction trop tardive conjuguée à un
manque de structure et au coût beaucoup trop important de la
sous–traitance entraîneront VB sur le déclin.
En 1960, juste après la sortie de sa locomotive 060DB,
VB sera racheté par la firme anglaise
Triang qui cherche
à sintroduire en France.
Lensemble de la production est rapatrié dans lusine
Triang de Calais et après la création de quelques
modèles sous la marque VB-Triang, la production de ces trains
sera arrêtée en 1962.
En 1963, VB sera racheté à Triang par un photographe:
Daniel Lejeune qui reprendra une partie
de la production jusqu'à la fin des années 60.
Les premiers wagons
Les premiers wagons apparaissent vers 1946 ou 1947. Ils sont
caractérisés par une référence à trois chiffres.
Ce sont des wagons couverts, tombereaux et citernes, réalisés en très
peu d'exemplaires (parfois en un seul) et vendus à des relations ou à
quelques magasins de jouets parisiens. Ils sont tous à essieux
sauf le couvert Stef qui existe à essieux et à bogies.
Les fourgons représentés sont principalement de type K, avec toit
arrondi ou à double pente et avec ou sans vigie.
Ils existent en versions bois, métal ou blindés, parfois
avec des inscriptions comme Bière du Lion
US ARMY STEF ou Esso.
On peut voir toutes sortes dimmatriculations françaises:
SNCF, Nord, PLM, Etat... ou étrangères: Belge, Italienne,
Suisse.
Ils sont disponibles dans un grand nombre de couleurs: gris, noir,
marron, brun, kaki, blanc, beige...
Certains de ces wagons sont rarissimes donc très difficile
à référencer. Il nest pas facile de
les différencier des wagons Le Pélican
ou JL qui ont produit dans les mêmes années
des wagons similaires avec les mêmes techniques de fabrication
et les mêmes fournisseurs.
Les wagons de la série maquette VB
En 1950, VB sort ses premiers tarifs, dans lequel les wagons
portent lappellation de série maquette.
Les premiers wagons de la série possèdent les mêmes
caractéristiques que les précédents.
Ils reproduisent essentiellement des wagons de travaux publics TP.
La gamme sétoffera très rapidement avec des
modèles dun très grand réalisme.
Les wagons à bogies apparaissent dans cette série.
La fabrication
Au début, la production nest pas du tout organisée.
Les premiers wagons sont parfois réalisés en très
peu dexemplaires.
La fabrication est entièrement artisanale et en production
limitée. En dehors du châssis, tout est fait à
la main.
La légende raconte que lassemblage est confié
à des gardiennes dimmeubles, la peinture,
réalisée à la gouache, est confiée à
des étudiants de lécole des beaux-arts.
Ce qui est certain, cest que le gardien de limmeuble VB
travaillait à la réalisation de wagons, tout comme plusieurs
étudiants du coin qui gagnaient ainsi leur argent de poche.
Les consignes nétaient pas strictes et cest pour
cela quil existe autant de variantes dans cette série.
Les immatriculations et inscriptions sont dabord peintes
à la main.
Ensuite, elles seront réalisées par sérigraphie,
décalcomanies ou transferts.
Petit à petit, la production sorganise mais reste toujours
artisanale et entièrement sous–traitée.
Plusieurs petites entreprises des environs de la place de la
République travailleront pour la marque en réalisant
lemboutissage du carton, le pliage des châssis, le tournage
des cylindres en bois...
Les matériaux
Ces wagons sont à peu près tous réalisés
en presspahn ou en bois et montés sur un châssis en tôle.
Des profilés laiton et acier seront utilisés
progressivement pour donner des wagons de plus en plus réalistes.
Ainsi apparaîtront les marche-pieds, échelles, leviers de
freins.
Certains wagons comme le porte–autos et le porte–glaces
seront entièrement réalisés en laiton.
Le presspahn est un carton fort de couleur orange. Il peut être
comprimé pour donner des épaisseurs différentes.
Le choix de ce matériau est multiple. Tout dabord, il
est très facile à travailler et à découper,
même pour une main doeuvre non qualifiée. Il est
facile à trouver et bon marché, contrairement aux
matières premières comme le fer ou le bronze en grande
pénurie au lendemain de la seconde guerre mondiale.
Les variantes
Cest dans cette série que les variantes sont les plus
nombreuses. Un même wagon peut être disponible dans un grand nombre
de couleurs, dinscriptions et dimmatriculations
différentes. Il peut être tantôt équipé
dune guérite, tantôt de marche-pieds, il peut
recevoir des dizaines de chargements différents et un même
chargement peut avoir une dizaine de variantes.
Les particularités
Ces wagons, quils soient à essieux ou à bogies,
sont montés sur un système de suspensions à
ressorts censé améliorer grandement les qualités
de roulement.
Cependant, même si le roulement des wagons est excellent, je ne
pense pas que la suspension soit assez sensible pour
laméliorer.
Une autre prouesse technique caractéristique de ces
modèles est le système de tampons à ressort
monté sur les wagons de cette série.
Les grues de relevage de la série maquette VB
Une publicité VB, vers 1958
Les grues de secours étaient utilisées pour les relevages lors des
déraillements mais aussi pour les travaux de manutention en général.
Aujourd'hui, elles deviennent plus rares car leur maintenance est
coûteuse et leur rayon d'action est limité par les caténaires.
Elles sont donc remplacées par des camions–grues appartenant à des
sociétés privées.
Les grues de relevage étaient toujours accompagnées par un wagon
plat porte–flèche, par un couvert servant à la remise des cales
de bois, par un ou plusieurs wagons ateliers et par une voiture d'hébergement.
Les wagons de la série industrielle VB
Les wagons en métal
La série métal-léger, appelée aussi industrielle ou fonderie, est crée
en 1956. La firme passe à un stade de production semi-industrielle.
Les wagons sont en zamac, tous les détails sont moulés et les tampons
ne sont plus fonctionnels. Hormis les plats chargés, les wagons
étaient vendus montés ou alors à construire.
La série ne compte que huit wagons mais les couleurs sont nombreuses et
les possibilités de chargement et variantes pour les wagons plats sont
aussi important que pour les deux autres séries.
Les wagons de la série fonderie étant en zamac, ils sont très faciles
à différencier de ceux de la série maquette.
Les wagons en plastique
Tous les moules de la série seront transformés pour permettre
l'injection plastique. Ainsi en 1960 apparaissent les premiers
wagons.
Les wagons en plastique sont assez rares. Ils existent en quatre couleurs:
noir, gris, brun-rouge et marron-foncé. Au début, ils étaient teintés dans
la masse et sérigraphiés, ensuite ils ont été peints à la main avec
inscriptions rapportées.
Les inscriptions possibles sont SNCF, AL (Alsace-Lorraine), Ceinture,
Est, Etat, Nord, Midi et PLM.
Les références
Les wagons en métal et en plastique n'étaient pas forcément
vendus sous la même référence:
– Le wagon de queue lumineux à essieux, en métal, réf. 623
– Le wagon de queue non lumineux à essieux, en plastique, réf. 23 bis
– Le wagon couvert à bestiaux à essieux, en métal, réf. 624
– Le wagon couvert à bestiaux à essieux, en plastique, réf. 24
– Le wagon plate–forme à essieux, réf. 628
– Le wagon tombereau à essieux façon métal, réf. 629
– Le wagon tombereau à essieux façon bois, réf. 632
– Le wagon plate–forme à bogies, réf. 647
– Le wagon couvert quatre portes à bogies, réf. 650
– Le wagon tombereau à bogies, réf. 653
Les wagons de la série semi-maquette VB
Le réseau de Jean-Pierre Galichet
En 1957, un an après la sortie de la série fonderie, VB crée la
série semi-maquette. Ces nouveaux wagons seront pendant quelques mois
répertoriés sous la série maquette.
Le principe de fabrication est simple: un châssis non plus
en métal léger fondu mais en acier et une garniture identique en bois,
plastique, carton ou métal.
Il n'existe que deux modèles de wagons qui peuvent être peint en
noir, gris ou marron:
– Le plateau à essieux sans bords de la série 441 qui correspond
à la série 628 de la série industrielle.
– Le plateau à bogies sans bords de la série 447 qui correspond
à la série 647 de la série industrielle.
Ces deux plateaux possèdent en général une seule rambarde en laiton
sur l'une des extrémités, mais parfois deux, parfois aucune.
Sur le châssis est posé un plancher en presspahn puis le chargement
qui peut être soit l'un des chargements de la série maquette ou
industrielle, soit un chargement nouveau: des véhicules d'origine
Matchbox ou Lesney. Ces wagons ne transportent ni pondéreux, ni bois.
Le train Pinder
Le train Pinder est constitué d'un ensemble de wagons vendus à
l'unité à partir de 1957. Dans l'ensemble, ces wagons sont assez rares
donc recherchés et chers.
Les wagons appartiennent en général à la série semi-maquette,
mais certains éléments peuvent être posés sur des plats de la série
industrielle comme la cage, le cadre ou le rail-route.
Il existe environ quinze modèles différents, et chaque modèle
possède un grand nombre de variantes: rambardes, taille, formes, portes,
immatriculations, inscriptions par transfert sur presspahn ou par
décalcomanies sur un fond pouvant aller du bleu au vert...
Les véhicules sont des camions Matchbox en métal sur lesquels sont
posées ou attelées des structures en presspahn fabriquées par VB.
La rame Electro-Entreprise
Les premières boites VB
"L'électrification accélérée des lignes de Chemins de fer a nécessité
la fabrication du béton sur place.
C'est ainsi qu'a pris naissance le train de Bétonnières, composé de
wagons bétonnières, trémies, citernes, etc.
Notre modèle représente un train de travaux, presque unique en
Europe." *
La rame appartient à la série maquette et à la série industrielle.
En effet, elle est composée de trois éléments de la série maquette:
– La grue
– La trémie
– Le wagon bétonneur
et de trois éléments appartenant à la série industrielle:
– Le wagon électrogène
– Le wagon citerne à essieux ou à bogies
– Le wagon d'accompagnement de la grue